Du 21 au 24 octobre 2008, les 14èmes Journées Techniques de JBF (Jardins Botaniques de France et des pays Francophones) se dérouleront cette année au Jardin botanique de Lyon : le colloque portera sur « les Serres, aspects techniques, scientifiques, muséographiques et pédagogiques ».
Les serres et les jardins botaniques
Depuis la fin du 18ème siècle, les serres constituent un outil d’importance pour les jardins botaniques : ce n’est plus seulement le lieu de dépôt des plantes issues des voyages d’exploration mais aussi un lieu d’émerveillement et de curiosité pour y découvrir des plantes inconnues. En effet, dans la seconde moitié du 19ème siècle, dans le même mouvement qui a vu la construction des grands parcs urbains à Paris comme en région, de nombreuses serres de collection sont construites, souvent dans des grands parcs urbains ou dans des jardins botaniques. On peut citer ainsi les serres de Bordeaux (1856), celle de Rennes (1862), les Grandes Serres de Lyon (entre 1877 et 1881), celles de Nantes (1895)…
Aujourd’hui, ce patrimoine - fragile par ces matériaux, le verre, le fer soumis aux variations climatiques - demande à être restauré. Egalement, les missions et les finalités des serres doivent être repensé dans le contexte actuel, la préservation de la biodiversité et l’éducation du public au développement durable .
Des réponses à des problématiques actuelles
A l’heure actuelle, parmi les différentes institutions scientifiques en charge de la conservation des plantes, les jardins botaniques ont un rôle majeur à jouer en terme de diffusion, de sensibilisation à l’environnement. Pour aller plus loin, les serres constituent un dispositif spectaculaire de présentation de plantes inconnues dans nos contrées et permettent de comprendre les menaces réelles qui pèsent sur la flore mondiale.
A partir d’exemples concrets et d’expériences novatrices des jardins botaniques d’Europe et en Amérique du Nord, différents thèmes seront abordés dans le colloque: le rôle des serres, leur présentation muséographique, la gestion des différentes collections végétales particulières (les Népenthès, les plantes succulentes, etc), l’éducation à l’environnement, la réhabilitation des serres et la mise en place de solutions techniques respectueuses de l’environnement.
Ce dernier thème constitue un enjeu majeur est particulièrement actuel : il serait paradoxal de sensibiliser les publics à la protection de l’environnement sans appliquer dans la gestion des collections ces mêmes principes de diminution des rejets, d’économie d’eau et d’énergie.
Pour qui, par qui ?
Pluridisciplinaire, ce colloque s’adresse donc aussi bien aux botanistes et scientifiques, qu’aux techniciens et ingénieurs, mais aussi aux historiens des jardins et médiateurs scientifiques.
Il réunit à la fois des responsables des jardins botaniques français et étrangers (du Muséum national d’histoire naturelle, de Bordeaux, Bruxelles, Lyon…), des ingénieurs et des techniciens spécialisés dans la construction ou la réhabilitation des serres, des propriétaires privés, des universitaires.
Le colloque se déroulera à l'intérieur du Parc de la Tête d'or à Lyon, dans le restaurant « le Chalet du Parc ». Il comprendra également des ateliers thématiques dans les serres du jardin botanique de Lyon animés par des spécialistes des collections.
Dans le cadre du colloque une exposition de photgraphies d'Agnès Pautard est présentée au Pavillon du Parc du 19 au 26 octobre.
« Photographier ? C’est pour moi lire le monde à voix haute, à la croisée de deux chemins : là où je suis et là où j’en suis. A force de revenir sur le motif, parfois quelque chose s’entrouvre, devant ou derrière le viseur.
Mon premier, c’est le sujet de très près, comme si je cherchais encore le mystère des origines … en l’occurrence, depuis dix ans autour des petites serres froides du Parc de la Tête d’Or ! Contre leurs parois embuées, obturées, moussues, aux reflets fugitifs et mouvants. Sur ces tableaux noirs au blanc d'Espagne, grattés, patinés. Et à travers, avec le plaisir de deviner les précieuses vies de ce jardin enclos, fragile jardin d’Eden. Que se passe-t-il de l’autre côté de la vitre ? Et que se passe-t-il de ce côté-ci ?
Mon second, c’est le sujet trois pas en arrière : la serre s’impose comme un cristal géant, tantôt opaque, tantôt transpercé de lumière, tantôt miroir. Les châssis, les cadres, les stores, les filets dressent une curieuse architecture de lignes. Mon tout est cette exposition, « Petites indiscrétions, châssis et châsses » comme une palette doucement colorée. Les fleurs, les feuilles restent dans l’impression. Contours incertains, touches d’ombres, grains de matière, rythmes… L'effacement du sujet devient le sujet.
Les images détourées tracent d’improbables sculptures : maisonnettes, pavillons, cabanes, coffrets ou châsses.
Mode argentique. Format 24X36. Couleurs. »
Exposition-vente en libre accès pour les congressistes.
Accès grand public : permanent pour le hall du premier étage et de 17 à 18h pour les deux autres salles. Dédicaces de l'artiste le mercredi 22.