Historique
Clos de la Déserte. Extrait du plan de Simon Maupin, gravé sur cuivre, 1659 (Bibliothèque municipale de Lyon). Réserve 28122
En 1763, Marc-Antoine-Louis Claret de la Tourette et l'abbé Rozier, tous deux naturalistes et botanistes avertis, installent dans le logis de l'Abondance à la Guillotière, sur la rive gauche du Rhône, le premier jardin botanique de Lyon. D'une superficie de 4.000 m2, riche de 2.000 plantes dont 500 usuelles présentées selon le système de Tournefort, il est le complément indispensable des études pharmaceutiques qui y sont faites par les élèves de la première Ecole Royale Vétérinaire créée en France par Bourgelat..
Le Jardin des Plantes, dessin de Joseph Fructus-Rey, 1819 (Archives municipales de Lyon). 17 FI 53
En 1773, Jean-Emmanuel Gilibert, professeur à l'Ecole de Médecine fondée en Pologne par le roi Stanislas, puis titulaire d'une chaire au Collège de Médecine de Lyon projette la création d'un jardin botanique à l'issue du nouveau pont construit sur le Rhône (pont Morand). Le jardin proprement dit présente quatre parties : dans la première seront élevées toutes les plantes utiles ou curieuses ; vis-à-vis, on trouvera des plates-bandes qui fourniront abondamment les plantes les plus employées pour le traitement des maladies. Vers le milieu s'observe une grande pièce d'eau pour l'éducation des plantes aquatiques ; au-delà, se voit le jardin potager.
Dans cette brochure, Gilibert jette en substance les bases du jardin botanique qu'il va installer sur les pentes de la Croix-Rousse.
Plan du Jardin botanique de l'Ecole centrale du département du Rhône de Morieu, d'après celui établi en 1804 par Jean-Marie Morel, paysagiste.
Le 7 ventôse an III (25 février 1795), la Convention décrète la création d'Ecoles Centrales, à raison d'une école pour 300.000 habitants, destinées à remplacer tous les anciens établissements consacrés à l'instruction sous le nom de collèges et à y enseigner les sciences, les lettres et les arts. Elles doivent être réglementairement dotées d'un cabinet de physique, de chimie et d'histoire naturelle, et d'un jardin botanique.
Le Docteur Jean-Emmauel Gilibert s'empresse de faire appliquer cette dernière disposition que vient ratifier le décret du 20 prairial an III (8 juin 1795). Dès 1797, Gilibert est élu professeur d'histoire naturelle à l'Ecole Centrale du département du Rhône et en devient le directeur.
Projet de plan du Jardin des Plantes de Lyon, Carnet de croquis de Margel-Fillieux, paysagiste, 1820 (Bibliothèque municipale de Lyon). PA 330
Plan du Jardin des Plantes entre 1834 et 1857, reconstitué par Morieu, 1896.
Sous la direction de Nicolas-Charles Seringe, de 1830 à 1857, le Jardin Botanique ou Jardin de la Déserte, puis Jardin de l'Impératrice Joséphine (1805), est à nouveau paysagé sur les plans de Margel-Fillieux (1820) et devient promenade publique. Le Jardin des Plantes est très fréquenté : *Le dessinateur de fleurs vient y copier la nature, y chercher à rendre sa grâce, l'éclat des couleurs. Le dessinateur de fabrique (en soierie) vient souvent torturer des formes élégantes pour en faire des dessins burlesques. Le simple amateur des jardins y trouve aussi des noms qu'il apprend sans travail, il y fait des comparaisons utiles, l'oisif vient y abréger agréablement la journée
Ici on enlève des mètres cubes de terre pour les déverser un peu plus loin et peu à peu remodeler les pentes du jardin en rampe d'accès et de promenade, et en terrasses dont la déclivité plus douce permet d'accueillir la pépinière départementale, des couches et chassis, une école fleuriste, une école des plantes, une école des plantes ligneuses, et une partie réservée à des expériences agricoles.
Grande Serre tempérée, photographie ancienne (Coll. du Jardin botanique).
Le Jardin Botanique de la ville de Lyon quitte l'étroitesse du jardin ceint de murs de l'ancien clos de la Déserte pour aller s'épanouir sur 7 hectares de terrains à la Tête d'Or. Sous le Second Empire, il s'agit de porter à la connaissance du public les progrès de l'agriculture et des sciences-naturelles, et surtout la diversité des plantes exotiques importées et acclimatées des Colonies. Les collections de plein air sont agrémentées d'un jardin alpin et d'un jardin mexicain, cependant que l'exotisme est mis en scène dans les grandes serres dont le pavillon central devient au fil des décennies un exubérant jardin tropical. Un fruitier, rassemblant 250 arbres à pépins et à noyau, sert de conduite des arbres. Chaque année, des démonstrations y seront faites à l'usage des professionnels et d'amateurs de jardin.
*Historique du Jardin des Plantes de Lyon, présenté à la séance publique de l'Académie de Lyon du 18 août 1835, par Seringe.
Dominique Rey, PérégrinaLyon.
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