Logo pour impression Le Parc de la Tête d'Or

La légende de la tête d'or

Un nom onirique

En 1530, sous le règne de François 1er (1494 -1547), les terrains sur lesquels sera bâti le parc s’appellent déjà " la Tête d’Or ". Ce nom vient d’une vieille légende qui raconte que les croisés auraient rapportés et enfoui un trésor en ces lieux.

En effet, une très ancienne tradition voulait qu’un important trésor ait été caché sur ce domaine. Parmi les pièces qui en faisaient partie, on citait une tête de Christ en or. Cette croyance est si fortement ancrée dans l’imagerie populaire qu’en 1855, une voyante (ou une somnambule selon les histoires, ce qui était très à la mode à cette époque), fut consultée pour découvrir l’emplacement du trésor. Sur ses indications, des fouilles furent même faites, mais elles n’aboutirent à rien. Soit le trésor s’y trouve encore, soit il a été transporté par les eaux du Rhône…

Comme on l’a compris, c’est cette histoire fantastique qui a donné son nom définitif au domaine : " La Tête d’Or ".

Lors de la naissance du lac de la Tête d’Or :
Découverte du trésor !…

L’histoire se situe en 1856 et 1857, dates de la création et de la première ouverture aux lyonnais du parc. A cette époque, le Rhône inondait régulièrement les terrains qui l’entouraient, puis tout rentrait ensuite dans l’ordre. La ville de Lyon décida, à la suite du projet de parc public présenté par le préfet VAÏSSE, de devenir propriétaire du Domaine de la Tête d’Or, alors aux mains des Hospices Civils de Lyon.


Représentation du lac du Parc de la Tête d'Or à ses débuts 

Il faut savoir qu’à ce moment-là, Lyon connaissait des périodes houleuses. En effet, par deux fois, en 1831 et 1834, les Canuts s’étaient révoltés à cause des mauvaises conditions de travail dans la soierie et du chômage relatif à ce secteur d’activité. Aveuglés par la pauvreté et la misère, ces travailleurs désœuvrés devaient être canalisés pour éviter d’autres débordements plus importants. Le projet de la ville arrivait donc à point nommé. Les soyeux-chômeurs constituaient une main d’œuvre intéressante, permettant d’apaiser les esprits, d’éviter les émeutes sanglantes, et aussi d’apporter un pécule supplémentaire aux familles de canuts. Mobilisés pour la création du lac dans le parc, les Canuts se munirent de pelles, pioches, brouettes…, tout en gardant l’espoir de trouver un jour, le fameux trésor du domaine de la Tête d’Or. C’est en tout 900 000 m3 de terre qui ont été déblayés, pour servir ensuite à l’édification de digues sur les quais du Rhône.


Pourtant, une légende perdure au sein de la communauté de tisseurs lyonnais. Certains racontent qu’après avoir longtemps déblayé, remblayé, nivelé et même creusé ce terrain sur plusieurs mètres de profond (et sur une surface de 12 hectares pour aménager des massifs et autres lieux de plantations), la pelle d’un Canut aurait rencontré un obstacle résistant. En enlevant la terre excédante, l’homme vit apparaître, comme en rêve, la tête de Christ en or. Ne pouvant cacher bien longtemps sa découverte aux yeux de ses compatriotes, ils ne tardèrent pas à se quereller au sujet du partage du précieux butin. Ne voulant pas partager, les Canuts s’empoignèrent devant le visage impassible de la Tête d’Or. Face à ce triste spectacle, la légende veut que ce Christ se mît à pleurer en voyant comme sa simple présence semait le trouble chez ces travailleurs. Une larme coula le long de son visage puis tomba sur la terre de la vaste étendue creusée par les tisseurs lyonnais, pour se transformer en un gigantesque lac.

La montée des eaux fut telle qu’elle engloutit à jamais la tête du Christ sous le regard médusé des ouvriers. Selon cette légende, c’est ainsi que naquit le lac de la Tête d’Or.

On sait qu’en réalité, après des fouilles approfondies, le domaine ne livra jamais son secret. Mais cette histoire fantastique vient s’ajouter aux nombreuses autres qui concernent le Parc.