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le Parc de la Tête d'or

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Cette partie traite de l'histoire du parc, installé sur des parcelles en partie agricole, à proximité immédiate du centre historique de Lyon. Elle présentera également le contexte historique de sa construction et l'itinéraire du paysagiste qui l'a concu. Patrimoine vivant, elle se termine par les grandes étapes qui ont marqué l'histoire du parc jusqu'à aujourd'hui.


La légende de la Tête d’or

Dès 1530, sous le règne de François 1er, le terrain sur lequel le parc sera bâti s’appelle déjà " la Tête d’Or ". Ce nom vient d’une légende racontant que les croisés auraient rapportés et enfoui un trésor en ces lieux. Parmi les pièces qui en faisaient partie, on citait une tête de Christ en or. Cette croyance est si fortement ancrée dans l’imagerie populaire qu’en 1855, une voyante (ou une somnambule selon les histoires) fut consultée pour découvrir l’emplacement du trésor. Sur ses indications, des fouilles furent même faites, mais elles n’aboutirent à rien. Soit le trésor s’y trouve encore, soit il a été transporté par les eaux du Rhône…

Lors de la naissance du lac de la Tête d’Or : découverte du trésor !…
Une légende issue de la communauté de tisseurs lyonnais existe autour de la création du lac du parc et du fabuleux trésor…
Lors du chantier de construction en 1856, les ouvriers qui creusaient le lac étaient d’anciens canuts. Ces derniers, vivant dans un grand dénuement à cause du chômage de la Fabrique de tissu, s’étaient révoltés à plusieurs reprises de manière sanglante. Le chantier du parc arrivait à point nommé pour canaliser les émeutes et permettre aux canuts de sortir de la misère. Ils s’attelèrent à creuser le lac du parc pour gagner le sou avec l’espoir secret d’y découvrir la fameuse tête d’or.

La légende veut que pendant les travaux, un canut se serait heurté à un obstacle en creusant…En dégageant la terre, il aurait découvert émerveillé la tête du Christ en or. Ses collègues ne tardèrent pas à s’approcher et à se quereller pour récupérer le trésor. Ne voulant pas partager, les canuts s’empoignèrent devant le visage impassible de la Tête d’Or. Face à ce triste spectacle le Christ se mît à pleurer devant l’égoïsme des hommes. Une larme coula le long de son visage puis tomba sur la terre de la vaste étendue creusée par les tisseurs, pour se transformer en un gigantesque lac. La montée des eaux fut telle qu’elle engloutit à jamais la tête du Christ sous le regard médusé des ouvriers.

La création du parc

Source : Lyon horticole 1839

Dès le 16e siècle un fort engouement pour la nature se manifeste dans toute l’Europe. En France, en Angleterre et en Italie en particulier, parcs et jardins se développent autour des palais royaux et des nobles demeures.

Par la suite au 19e siècle l’idée de créer des parcs au cœur des villes apparaît, pour offrir la nature aux citadins, dans la volonté hygiéniste de l’époque. C’est dans ce contexte que le projet du Parc de la Tête d’Or voit le jour. Le sénateur-maire de Lyon Claude Marius Vaïsse, souhaite doter la ville d’un espace réservé à la promenade à l’instar de Paris et de son bois de Boulogne. C’est d’ailleurs à cette époque que les grandes villes de provinces telles que Marseille, Bordeaux et Rennes imitent la capitale en créant chacune leur parc urbain.

En 1854, la Ville de Lyon fait l’acquisition du domaine de la Tête d’Or qui s’étend sur 117 hectares. Un an plus tard le projet du parc est confié à Denis Bühler architecte paysagiste, célèbre pour la création de parcs et jardins avec son frère Eugène. Il semble que pour le Parc de la Tête d’Or Denis travaille seul. Il conçoit un parc de style paysager ou jardin anglais, qui est le modèle officiel sous le Second Empire. Le chantier est difficile car l’ambition de Bülher est grande : il choisit de creuser un lac, de créer des digues, de donner du relief au terrain, de créer des allées de différentes largeurs pour les promenades à pied, à cheval et en voiture, de construire des serres et une orangerie, de réserver des espaces pour les divertissements etc… Bühler prévoit aussi la création d’un jardin zoologique ainsi qu’un espace pour accueillir le jardin des plantes déjà existant sur les pentes de la Croix-Rousse. Le parc ouvre ses portes au public en 1857 bien que les travaux ne soient pas terminés.Depuis 150 ans des aménagements et des réhabilitations ont été réalisés, notamment la rénovation des grandes serres ou la création de la plaine africaine, mais la structure globale du parc que l’on peut admirer aujourd’hui est restée fidèle aux dessins de Bühler.

L'évolution du parc

Vue aérienne de la grande roseraie

Aujourd’hui, le Parc de la Tête d’or fait partie intégrante de l’identité de Lyon et de sa renommée. Il s’agit du plus grand parc de France à se trouver au cœur d’une ville et il attire de nombreux visiteurs toute l’année. Depuis son ouverture au public, l’aménagement du Parc n’a jamais cessé et en 150 ans il a changé plusieurs fois de visage et accueilli de nombreux évènements importants pour la ville :

  • 1859 : création du Chalet du Parc, qui est le premier endroit où les promeneurs pourront se rafraîchir et se reposer.
  • 1872 : le Parc accueille l’Exposition Universelle
  • 1878 : construction de l’observatoire. Il s’agit d’une annexe de l’observatoire astronomique de Lyon à Saint-Genis-Laval. Aujourd’hui appelé Ferme Lambert, ce bâtiment accueille les bureaux du Jardin Botanique et du Jardin Zoologique.
  • 1894 : le Parc accueille l’Exposition coloniale, avec notamment la construction du premier chalet des gardes et du vélodrome
  • 1895 : création du carrousel du Parc. Entièrement fabriqué en bois, c’est le plus ancien manège de Lyon. Il a été entièrement restauré en 1985.
  • 1898 : élévation des grilles d’entrée issues des grands modèles de la ferronnerie d’art classique du 18e siècle
  • 1908 : construction du nouveau chalet des gardes
  • 1913 : création de l’embarcadère
  • 1948 : ouverture du Théâtre de Guignol
  • 1964 : création de la roseraie internationale et ses 60 000 rosiers
  • 1967 : démolition du Chalet du Parc, remplacé non loin, par le pavillon du Parc que l’on connaît aujourd’hui
  • 1975 : aménagement de la fauverie
  • 1989 : le vélodrome accueille les championnats du monde, avec deux victoires de Jannie Longo…
  • 2005 : Certification ISO 14001
  • 2006 : création de la plaine africaine par le jardin zoologique
 

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Un cahier des charges précis, La création du Parc ne fut pas sans rebondissements... A voir également, les autres parcs des Frères Buhler en France

Dernière modification : 09/08/2011 14:20