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Lyon et ses jardins botaniques

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A Lyon, les fonctions et les missions des jardins botaniques ont évolué parallèlement à l’histoire et aux besoins de la ville. D’abord utile aux médecins et aux vétérinaires, la botanique sera par la suite indispensable à différents secteurs économiques. Aujourd’hui les jardins botaniques remplissent une double mission de conservation et de pédagogie.


Le jardin botanique de l’Ecole Royale Vétérinaire de Lyon

La création du premier jardin botanique de Lyon remonte à 1763 – 1764 et coïncide avec la création de l’Ecole Royale Vétérinaire. A cette époque, la ville est régulièrement décimée par des maladies qui touchent les animaux et l’école constitue un moyen de lutter contre ces fléaux. Un jardin de botanique devient très vite indispensable au sein de l’école pour avoir des plantes à disposition et soigner les animaux. C’est l’abbé Rozier, alors directeur de l’école, qui va fonder un jardin au cœur de l’établissement. Avec son ami Claret de la Tourette, également naturaliste - botaniste, il fait venir des plantes de toute l’Europe réunissant alors 600 plantes usuelles et 1 200 plantes alpines et étrangères. Le jardin devient vite très réputé et rayonne au niveau régional et national. Il attire de nombreux botanistes, parmi lesquels un certain Jean-Jacques Rousseau venu herborisé dans la région et qui vantera les mérites de ce jardin dans sa correspondance.

Le jardin botanique des Brotteaux

Indispensables aux médecins et aux vétérinaires, les plantes deviennent, à la fin du 18e siècle, nécessaires également à d’autres corps de métiers présent à Lyon. Elles servent en effet de matières premières aux agriculteurs, aux ébénistes, aux teinturiers, aux chimistes et en particulier aux soyeux, principaux industriels de la ville, qui utilisent les plantes tant pour la coloration de la soie, que pour créer des motifs floraux. La création d’un jardin botanique d’envergure devient alors indispensable pour l’activité économique de la ville. Face à ces besoins M. de Flesselles, Intendant de la Généralité de Lyon demande au médecin-botaniste Jean-Emmanuel Gilibert, de concevoir un jardin dans le quartier des Brotteaux. Ce projet n’aboutira pas mais il préfigure le futur jardin botanique de Lyon dans ses missions et ses orientations.

Le jardin des plantes

Jardin de la Déserte
Outre les besoins en plantes pour l’activité économique de la ville, la création d’établissements scientifiques et la multiplication de jardins d’acclimatations et d’ornement, vont accélérer la nécessité de créer un jardin botanique à Lyon. C’est l’époque où les sciences de la botanique sont la clef de voûte de nombreuses activités.

L'arrêté municipal du 20 prairial an III (8 juin 1794), complété par celui du 4 frimaire an VI (24 novembre 1797) fondent l’ancêtre de notre jardin actuel. J.E. Gilibert l’installe dans l’ancienne abbaye de la Déserte, sur les pentes de la Croix-Rousse à l’emplacement où l’amphithéâtre des Trois Gaules qui sera découvert par la suite . Appelé « Jardin des Plantes » , il devient en 1805 « Jardin de l’Impératrice », en hommage à Joséphine de Beauharnais, qui fait don d’une partie des plantes exotiques de sa collection. Plusieurs directeurs font suite à Gilibert, mais c’est Charles Nicolas Seringe qui apporte à partir de 1831, les plus grandes transformations.
Les missions du jardin sont alors véritablement tournées vers des aspects utilitaires. Il créé un herbier de plus de 17.000 plantes, une collection de bois et un cours gratuit destiné aux élèves de l’Ecole des Beaux-Arts. Il rassemble également une importante collection de céréales utiles aux agriculteurs et il réalise le premier étiquetage systématique des végétaux pour que le public puisse reconnaître les plantes.

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Le jardin botanique du Parc de la Tête d'or

En 1853, le Jardin des Plantes est ravagé par un ouragan. Profitant de la création du Parc de la Tête d’Or en 1857, Seringe transfère les collections végétales dans le nouveau jardin botanique. Sous le Second Empire, la vocation de ce jardin est de porter à la connaissance du public les progrès de l'agriculture et des sciences-naturelles, et surtout la diversité des plantes exotiques importées des Colonies. Les collections de plein air sont enrichies en 1888 d'un jardin alpin et d'un jardin mexicain et dans les grandes serres le pavillon central devient au fil des décennies un véritable jardin tropical. Dans l’école florale, on peut admirer les nouveautés obtenues par les jardiniers du parc et les horticulteurs de la région qui inspire largement les élèves de l’école des Beaux Arts et les dessinateurs de l’industrie de la soierie, appelée la Grande Fabrique. Un système de retrait de fleurs fraîches grâce, à des cartes, est crée pour qu’ils puissent venir chercher des modèles vivants pour leur création.

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Source : Gérard "Du jardin des plantes au jardin botanique" 1896.

 

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Des érudits aux directeurs, des portraits de la société botanique à Lyon.

Dernière modification : 10/12/2012 11:53