La botanique à Lyon
L’essor incroyable de la botanique est le résultat d’un long processus débuté avec les herboristes, les médecins et les agronomes dès le 15e siècle, qui étudiaient et utilisaient les plantes.
Au 16e siècle la création de jardins privés de médecins et d’herboristes se multiplient, de même que les jardins de plaisance dans des maisons de l’aristocratie. L’ensemble des jardins de la région contribuent à l’expérimentation, l’acclimatation et l’introduction de fruits, fleurs et légumes ainsi que l’expérimentation de techniques culturales. Les botanistes lyonnais de l’époque sont souvent médecins et profitent du développement de l’imprimerie pour rédiger des ouvrages de botanique. L’étude des plantes lyonnaises se développe et rayonne dans toute l’Europe.
Au 17e siècle, à Lyon les grands propriétaires privés et les congrégations religieuses favorisent la culture des plantes, le développement des techniques horticoles et l’introduction des végétaux dans la région. Le cœur de la ville recèle de nombreux jardins potagers et fruitiers.
Les premiers jardins publics botaniques et d’expérimentations sont créés dans la ville de Lyon au 18e siècle qui va voir fleurir les prémices de l’horticulture lyonnaise. Dans les années 1760 un style nouveau apparaît : les jardins anglo-chinois, des jardins irréguliers qui associent plantes et arbustes à de petits monuments, à des rochers formant des grottes, des cascades, etc. Ces jardins permettent l’introduction de nouvelles espèces exotiques à la différence des jardins réguliers où un nombre réduit d’essences sont utilisées.
C’est aussi au cours de ce siècle que vont apparaître les institutions liées à l’horticulture naissante : création d’un réseau de Sociétés Agricoles dans toute la France et d’une pépinière royale et départementale du Rhône.
De plus, plusieurs lignées de botanistes et voyageurs explorateurs sont originaires où vivent à Lyon : le médecin Jean-Baptiste Goiffon est le premier botaniste lyonnais au sens moderne du terme. Antoine de Jussieu , son élève, sera le premier d’une des lignées de botanistes les plus célèbres. Citons également Pierre Poivre et Philibert Commerson .
Autres personnalités importante dans le développement de l’horticulture : l’abbé Rozier qui crée entre autre les Pépinières royales et départementales du Rhône ; Marc Antoine Claret de la Tourette , scientifique remarquable du 18e siècle à Lyon, proche de nombreux intellectuels français .
Biographie des botanistes lyonnais
Antoine Laurent de Jussieu. 1748 - 1836. Médecin et botaniste.
En 1770, Antoine Laurent de Jussieu est nommé démonstrateur au Jardin du roi. Il développe les idées de son oncle Bernard, sur la classification des végétaux, suivant un système basé sur la morphologie des plantes. En 1774, il fait paraître son « Exposition d'un nouvel ordre des plantes, adopté dans les démonstrations du Jardin royal dans les Mémoires de l'Académie des sciences », complété quinze ans plus tard, par son « Genera plantarum secundum ordines naturales disposita ». Cette œuvre est à la base de toute la classification actuelle des végétaux supérieurs. En 1794, Antoine Laurent est nommé directeur du nouveau Muséum national d'histoire naturelle où il fonde la bibliothèque.
Pierre Poivre . 1719 - 1786. Botaniste - agronome et explorateur.
Grand voyageur qui parcourt l'Asie et l'océan Indien, Poivre donne à la France le commerce des épices, rompant le monopole établi par les Anglais et les Hollandais au 18e siècle par la route des Indes. Il réalise le jardin botanique des Pamplemousses à l'Ile Maurice et acclimate pour la première fois dans le Lyonnais de nombreux végétaux, dans sa propriété de la Fretta, aux Monts d'Or. Il introduit par exemple le tulipier de Virginie et réalise des essais de culture du coton.
Philibert Commerson . 1727 - 1773. Médecin - naturaliste et explorateur.
Commerson est en relation avec le grand botaniste Carl von Linné (à l'origine de la classification botanique moderne) et se fait rapidement connaître. Recommandé par l'astronome Lalande, Commerson est désigné comme naturaliste pour accompagner Bougainville dans son voyage autour du monde. C'est lors d'une étape au Brésil qu'il découvre la Bougainville (bougainvillé). Il participe à l'expédition de Poivre (1771-1772) destinée à obtenir des pieds de plantes produisant des épices, qu'ils finiront d'ailleurs par voler.
L'Abbé François Rozier (1734 – 1793)
Originaire de Saint-Romain-en-Gall (Rhône), est probablement le plus important grand agronome français du 18e siècle. Son dictionnaire d'agriculture est diffusé dans toute l'Europe et en Amérique du Nord où il fait encore autorité au 19e siècle. Il fonde en 1788, à Vaise, une école d'arboriculture fruitière et forestière qui constitue la première expérience d'enseignement agricole et horticole en France. Cette initiative est à l'origine de l'actuel lycée horticole de Dardilly.
Marc Antoine Louis Claret de la Tourette . 1729 – 1793. Conseiller à la Cours des monnaies. Naturaliste.
Secrétaire perpétuel de l'Académie de Lyon, Claret de la Tourette est probablement le botaniste le plus international (avec l'Abbé Rozier) à travailler depuis Lyon. Il échange des lettres et des objets d'histoire naturelle (plantes, minéraux, insectes) avec Linné, Haller, les Jussieu, Lapérouse (son frère, Charles Pierre, organise l'expédition de Lapérouse), Voltaire et Rousseau. Il fonde deux jardins d'acclimatation dans la région : à l'Anticaille et au château de La Tourette (l'actuel couvent). La réalisation du jardin botanique de l'Ecole Véterinaire de Lyon (la première d'Europe) lui est confiée en 1763 par Bourgelat (à l'origine de l'école vétérinaire de Maisons-Alfort). Il le dirige avec l'Abbé Rozier. Ses travaux sur les lichens font encore autorité aujourd'hui. Son herbier (7000 planches) est conservé au Jardin botanique de Lyon.
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