Logo pour impression Promenades exotiques

Promenades exotiques

Promenades exotiques, les serres du jardin

Accueillant et protégeant des milliers de plantes, les serres du Jardin ont été de véritables laboratoires d’expérimentation dès leur création, tant pour la culture des végétaux, que pour les progrès technologiques (systèmes de chauffage, vitrage, construction…). D’abord conçues en bois, elles se profilent en acier et en verre à la fin du 19e siècle.

Aujourd’hui le Jardin compte cinq groupes de serres : la serre hollandaise, les grandes serres, les petites serres chaudes et froides, la serre Victoria et la serre de Madagascar
 

La serre hollandaise

Construite en 1859, c’est la plus ancienne des serres du Jardin. Elle fait partie du projet initial du Parc de la Tête d’or dessiné par Denis Bühler en 1856. Cette serre est dite hollandaise par sa conception à double versants inclinés laissant ainsi passer un maximum de lumière.
A sa création elle abritait plus de 800 espèces de végétaux exotiques : espèces intertropicales des Indes, des Iles de la Sonde (en Indonésie), d’Afrique et d’Amérique équatoriale. On trouvait également des groupes de Cycadées, de palmiers et d’Aroïdées, des plantes grasses, des Broméliacées, des Musacées, des Orchidées, des Bégoniacées,…
Depuis la fin du 19e siècle, pendant la mauvaise saison, elle abrite les plantes non-rustiques de l’école de botanique (Dalhias, plantes méditerranéennes…).

Aujourd’hui la serre hollandaise renferme :

  • dans le pavillon central, une collection de plantes des îles Canaries.
  • dans le tunnel de gauche, des plantes d’Afrique du Sud : plantes à bulbes, succulentes, et arbustes du Fynbos.
  • dans le tunnel de droite, l’une des plus grandes collections de plantes carnivores.

Depuis sa création elle a été reconstruite à plusieurs reprises : les cheminées des chaudières ont disparues et les petits carreaux en verres ont été remplacés par de grands pans de plexiglas.

Les grandes serres

Créées par l’ingénieur Vedrine, les premières grandes serres lyonnaises sont inaugurées en 1883. Quatre ans de travaux ont été nécessaires à l’édification des cinq pavillons composés chacun d’un dôme en ogives.

A l'origine, les grandes serres servaient à exposer des palmiers en bacs avec peu de massifs de pleine terre. Les allées étaient larges, symétriques et le public pouvait admirer les plantes issues des colonies françaises. Au fil du temps, l'intérieur de la serre est devenu plus paysager et le nombre de plantes en pleine terre n'a cessé d'augmenter.

La serre à Pandanus

A sa construction, le pavillon central des grandes serres est appelé « serre chaude aux palmiers ». Puis, en 1903 il prend le nom de « serre à Pandanus » car il est composé d’une dizaine d’espèces de cette plante tropicale. A l’époque, les autres plantes du pavillon ont été choisies par Denis Bühler, le créateur du Parc de la Tête d’or. Il avait constitué une liste de végétaux parmi lesquels des plantes rares pour l’époque comme le Cycas thouarsii , doyen de la serre, de même que le rotang (le rotain, un palmier-liane) qui fait plusieurs fois le tour de la serre !

Le dôme de la serre à Pandanus culmine à 21 m de hauteur. C’est le plus haut de France et l’un des plus hauts d’Europe. En 1972, il est en très mauvais état et doit être entièrement reconstruit. C’est l’architecte Louis Weckerlin qui mène les travaux. La nouvelle ossature prend appui sur les fondations et soubassements existants. Les poutres rectilignes de l'architecture des années 1970 remplacent le style Napoléon III d'origine. La nouvelle ossature est en fer galvanisé revêtu d’une peinture ignifuge à base de chrome.

Depuis 1982, l'ensemble des grandes serres est inscrit à l'inventaire des monuments historiques. Ainsi, leur entretien et leur restauration doivent être fidèle à la construction d’origine. Entre mars 1997 et décembre 2000, elles ont été restaurées : chaque année, une partie était démolie en totalité pour être reconstruite comme à l'origine. Les vieux piliers en fonte d'époque ont été conservés, ainsi qu'une partie de l'armature retraitée en usine et réinstallée.

Toute la verrière a été changée : double vitrage sur les parois verticales et verre sécurisé sur les toits (en cas de fortes intempéries).

La serre aux camélias

En 1857, le Jardin Botanique de Lyon possède une petite collection de Camélias en pots. Cultivée sous serre, elle est sortie durant les beaux jours. En 1865, une serre en bois avec charpente métallique compte 248 camélias, mais très vite ils manquent de place et les plus petits s’étiolent à l’ombre des plus grands. Ainsi, lors de la construction du groupe des grandes serres, un pavillon leur est consacré.

Les plus gros sujets visibles actuellement datent de la fin du 19e siècle. Ils fleurissent de novembre (pour les plus précoces) à fin mars : des fleurs simples ou doubles, unicolores ou bicolores, du blanc au violet presque noir. Originaire de Chine et du Japon, le camélia intéresse les européens à partir du 19e siècle. En France, c’est en 1814 que l’Impératrice Joséphine fait planter les premiers camélias dans les serres de la Malmaison. Puis en 1828, l’établissement Audebert à Paris sera la première pépinière en France à multiplier le camélia.

_

Les petites serres

Les premières petites serres de culture du Jardin sont construites en 1861 à l’emplacement des grandes serres actuelles. En bois et de petite taille, elles sont utilisées conjointement par le Jardin Botanique et le Jardin Fleuriste Municipal.

Elles sont alors divisées en trois parties : serres froides (azalées, primevères, chrysanthèmes, fuchsias…), serres chaudes (palmiers, plantes d’appartements…) et serre de multiplication.

En 1869 dans la partie chaude, un espace est réservé aux plantes exotiques à usages médicinales et industriels (café, cacao, cannelle, canne à sucre...).

En 1872, la ville achète une serre « portative » en fer pour le Service Fleuristerie ; le Jardin Botanique y installe la collection d’Aroïdées (philodendron, anthurium…) et des plantes de serre chaude, qui prennent trop de place dans les autres serres.

Inadaptées aux visites publiques, de nouvelles petites serres sont construites en 1897-1898 à leur emplacement actuel.

Les trois nouveaux groupes de serres : froides, tempérées et chaudes sont indépendantes les unes des autres pour éviter la perte de chaleur. Leur taille (3800 m2 au total) et leur forme a été inspirée des serres du Jardin Botanique de Bruxelles qui font partie des plus modernes de l’époque.

En 1906, les serres froides présentent des plantes de Californie et de la « Nouvelle Hollande », des palmiers en pot, des orchidées et fougères des régions tempérées, des collections d’azalées, de pélargoniums et de plantes grasses. Des expositions florales temporaires y sont organisées : primevères, tulipes, cyclamens (en hiver)… coléus, plantes vertes et fleuries (en été).

Dans les serres chaudes, on trouve des palmiers, des Bégonias, des Orchidées, des Broméliacées, des Gesnériacées, des Aracées et des plantes diverses. La collection la plus spectaculaire est celle des Vandas (orchidées).

Aujourd’hui, les collections que l’on peut admirer dans les petites serres sont quasiment identiques à celles présentées il y a près de 100 ans. Pour des raisons de sécurité, toutefois, certaines chapelles sont provisoirement fermées au public.

_

La serre Victoria ou serre aquarium

A la fin du 19e siècle les grands jardins botaniques européens possèdent une serre aquarium chaude avec un bassin à 30° C permettant la culture de plantes tropicales et surtout la culture du Victoria regia , une plante spectaculaire très admirée. Dédiée à la Reine Victoria, cette plante aquatique de la famille des nymphéacées possède des feuilles pouvant atteindre 3 m de diamètre.

Lyon est en retard par rapport à ses homologues européens et ne dispose pas d’installation pouvant accueillir ce fameux Victoria regia . Ainsi, le 17 mars 1887, un rapport du conseil municipal soulève la nécessité de construire une serre aquarium pour rattraper ce retard.

En 1888 la première « serre à Victoria » du Jardin est construite. C’est l’ingénieur en chef des eaux et promenades, M. Oddos qui en est l’auteur. Elle est dotée d’un bassin central de 7,9 m de diamètre, d’un passage circulaire de 1 m de large, d’une coupole vitrée et d’un chauffage à circulation d’eau chaude. Grâce à cela, le Victoria regia fait sa première fleur le 14 juin 1894 à Lyon et tout le monde en tire une grande fierté.

En 1929, un bassin circulaire est ajouté autour du bassin central. Les nymphéas sont plantés dans le nouveau bassin du pourtour avec un substrat neuf. Le bassin central va alors être réservé pour le seul Victoria regia . A cette époque, cet aménagement fait de la serre une exclusivité en France.

Puis, en raison de son mauvais état général, la serre est rasée et reconstruite en 1982 d’après les dessins du sous-directeur de l’époque M. Zandolla. Seuls les deux bassins sont conservés. Pour limiter les pertes de chaleur, on abandonne les petites tuiles de verre au profit des grandes plaques de verre.

_

La serre de Madagascar

 

Avant d’accueillir les flores de l’île de Madagascar et du Mexique, cette serre appartenait au Service des espaces verts de la Ville et abritait des plantes ornementales. Les premiers plans de cette serre datent de 1899 et elle était nommée à cette époque « serre à palmiers, lauriers et agaves de décoration florale ».

C’est en 2000 qu’elle est rattachée au Jardin Botanique et que le projet d’une serre dédiée aux plantes de Madagascar se fait jour.

Au départ divisée en deux pavillons, elle est aménagée par l’équipe du Jardin en un seul couloir afin de présenter parallèlement la flore malgache et la flore mexicaine.

Aujourd’hui appelée « serre de Madagascar » elle présente sur 400 m2 des espèces rares et singulières, capables de résister à des sécheresses extrêmes, caractéristiques des milieux désertiques. Les plantes malgaches sont issues d’un partenariat entre les autorités de Madagascar et la Ville de Lyon. Les végétaux présentés devaient disparaître sous un aménagement routier mais ils ont finalement trouvés refuge dans les serres lyonnaises. D’abord transplantées dans le sud de l’île, ces plantes ont ensuite fait un long voyage en bateau jusqu’à Marseille puis direction Lyon où elles ont été acclimatées pendant un an.

La serre a été inaugurée en 2003 en présence de Jacques Sylla, le Premier ministre malgache de l’époque.

Dernière modification : 19/12/2008 13:50