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S'inspirer des plantes, le jardin et l'art

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Au 19e siècle, la botanique et l'horticulture sont indissociables des disciplines artistiques qui fleurissent à Lyon. Les plantes servent à la fois de matière première et de sources d'inspiration aux peintres, aux sculpteurs ainsi qu'aux nombreux métiers d'art qui se sont développés au fil des siècles. La ville de Lyon connaît cependant ses spécificités propres : la soierie et la peinture de fleur.

 

Des motifs pour la soie et la peinture

La soierie, qui donne à Lyon sa renommée internationale, est largement tributaire des sciences botaniques à toutes les étapes de son processus d'élaboration. Le mûrier, arbre de prédilection des vers à soie, fait l'objet de nombreuses études et améliorations, particulièrement aux 18e et 19e siècles. L'unité séricicole de l'INRA de Lyon perpétue aujourd'hui cette tradition. La teinture des tissus dépend aussi largement de l'utilisation des plantes pour la fabrication des couleurs. Enfin, les motifs floraux sont abondamment employés par les dessinateurs de la Fabrique qui s'inspirent, au Jardin botanique, des plantes obtenues par les horticulteurs lyonnais pendant tous le 19e siècle.

La pratique de la peinture de fleurs pour les motifs des soieries aura des répercussions inattendues avec la création d'une véritable école lyonnaise de peinture de fleurs, aujourd’hui reconnue au plan international. Au cours du 19e siècle, quelques artistes s'affranchissent progressivement des seuls motifs utilitaires et créent un genre pictural à part entière. La tradition des natures mortes, qui remonte au 17e siècle, en Hollande en particulier, connaît un véritable renouveau à Lyon, même si le genre est souvent considéré par les contemporains comme mineur. Des peintres comme Berjon, Grobon ou Saint-Jean, son plus illustre représentant, s'opposent désormais aux soyeux lyonnais qui voient d'un mauvais œil ce qu'ils considèrent comme une véritable dérive du métier de peintre de la Fabrique. Parallèlement, ces mêmes peintres de fleurs vont participer à la réalisation des planches accompagnant les ouvrages de botanique ou d'horticulture publiés à Lyon : la Flore et Pomone Lyonnaise de Seringe est ainsi illustrée par Grobon, la Pomologie de la France par Duchêne.

Mais les fleurs, les légumes et les fruits locaux inspirent quantité d'autres disciplines artistiques. Citons les « poésies florales » de Joséphin Soulary ou encore les faïences, les vases, les papiers peints, les nombreux objets qui servent à l'ornement des salons et des jardins de la région, célébrant la créativité des artistes lyonnais.

 

L’art des jardins

La multiplication du nombre de végétaux va transformer l'art des jardins. Cette tradition, attestée à Lyon dès le 16e siècle, était jusque là dominée par les architectes, les peintres et les grands jardiniers de l'aristocratie française. Désormais, ingénieurs, paysagistes et pépiniéristes inventent de nouveaux styles de jardins et investissent ce domaine.

Sous Napoléon III, Lyon , comme d'autres villes en France, connaît un large mouvement de création de places, squares, avenues et parcs publics, à l’image de Paris et sous son influence directe. À partir des années 1860, la création des jardins y est étroitement associée aux métiers de l’horticulture. C’est la naissance des jardins thématiques : roseraies, jardins alpins, jardins de plantes exotiques... Les jardins de rocailles connaissent un véritable engouement à la fin des années 1890. Traités à la mode dite exotique, ils permettent de mieux valoriser les plantes à feuillages colorées. Pendant ce temps, la mosaïculture – avec ses formes géométriques et ses contrastes de feuillages colorés – devient la spécialité du Parc de la Tête d’Or et pénètre les jardins des particuliers. Au début du 20e siècle, les jardins « à la française » font leur réapparition.

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Du général, les liens entre la Fabrique et la naissance de l'école des fleurs... au particulier, la description de deux tableaux de Berjon et de Saint-Jean.

Dernière modification : 16/02/2009 16:43