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Une mosaique de jardins

Une mosaique de jardins
Héritier des collections du premier jardin des plantes, les collections sont largement orientées dans un objectif pédagogique. A ce titre, les différents jardins se nomment "école de...". Aujourd'hui, au fur et à mesure de leur remplacement, et du développement de l'enseignement horticole, ce mode de présentation est moins présent au profit d'aménagements paysagés.
 

Le jardin alpin

Plan du jardin (1888)

Depuis le 16e siècle les plantes alpines sont cultivées à Lyon mais jusqu’au 19e siècle les botanistes ont du mal à conserver ces plantes de montagnes qui exigent un mode de conservation très particulier.
La culture est améliorée par un hivernage sous bâche et en 1864 on compte 43 espèces plantées dans l’école générale du Jardin Botanique. Grâce aux jardiniers qui maîtrisent de mieux en mieux la culture de ces plantes, la collection s’étoffe, et c’est en 1888 que débute enfin la réalisation d’un véritable jardin alpin.
Les premiers végétaux exposés avaient été récoltés dans les alpes par René Gérard, alors directeur du Jardin Botanique. En 1894 le jardin alpin s’est développé et présente en plus des espèces alpines des plantes originaires des montagnes du Caucase, de l’Himalaya, de la Nouvelle Zélande, etc.
Dès la création du secteur, des bassins sont réalisés, entourant les deux presqu’îles ainsi qu’une partie des rivières s’écoulant depuis les massifs. La présence de l’eau rafraîchit l’atmosphère ambiante et diminue légèrement l’amplitude thermique. Les premiers enrochements sont réalisés à partir des rochers granitiques issus du creusement du tunnel de la Croix Rousse. Pour accentuer l’effet de masse, les rochers sont assemblés avec du mortier. Cet assemblage est particulièrement visible en hiver en l’absence de végétation. Dans les années 1940, le jardin alpin est agrandi de manière significative, puis entre 1973 et 1985 plusieurs modifications sont faites :

  • 1973 : création du massif des Pyrénées
  • 1976 : création du massif Corse et Sardaigne
  • 1983 : création du massif de la Péninsule Ibérique

1985 : le jardin est entièrement recomposé sous la direction de Paul Berthet dans un strict esprit scientifique tout en lui conservant un caractère esthétique. Les rochers granitiques sont remplacés par des rochers calcaires prélevés dans les carrières d’Hauteville (Ain). Certains massifs sont réduits en hauteur, comme l’Himalaya difficile à entretenir.

Le Jardin alpin actuel s’étend sur une surface de 2700 m² dont 1000 m² de bassins. Il présente environ 1800 plantes, alpines ou non, en provenance des différents continents.

Le jardin est divisé en deux parties : la première, la plus ancienne, est consacrée à la flore européenne, tandis que la seconde regroupe des plantes des autres continents. La collection est de type géobotanique ; les plantes sont réparties dans le jardin selon leur origine géographique.

Exceptées les régions tropicales et équatoriales, presque toutes les régions tempérées du globe sont représentées.

Il s’agit essentiellement de sous-arbrisseaux, de plantes vivaces, bulbeuses ainsi que quelques rares annuelles et bisannuelles. Dans les bassins, est présentée une collection nymphéas horticoles.

De l’Ecole générale… à l’Ecole de Botanique

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Parrotia persica

Au 19e siècle, toutes les collections du Jardin Botanique s’appelaient « écoles » : école florale, école des arbres fruitiers, école des vignes, école pratique (plantes médicinales, école des céréales, etc.)

Ainsi, notre Ecole de botanique actuelle se nomme, au 19e siècle, « école générale » et réunit principalement les plantes de la flore lyonnaise, utiles et ornementales. Elles y sont alors rangées d’après la classification faite par Augustin Pyrame de Candolle (1778-1841). Fin 1859, l’ « école générale » présentait plus de 4000 espèces sur 5467 m².

Aujourd’hui, ce secteur qui représente principalement la flore locale et les plantes utiles, s’étend sur une surface deux fois plus petite qu’à son origine et compte 2272 taxons.

Depuis 1906, la classification des plantes est faite selon la méthode de Bentham et Hooker.

Le seul « survivant » de cette époque dans cette partie (en dehors des essences de l’Arboretum) est le Parrotia persica qui prône au centre du jardin plein air. Il est aujourd’hui la représentation même de la mémoire historique du Jardin Botanique depuis le 19e siècle.

Sur cette image (v.1950), l'école de botanique occupait un 4 plates-bandes formant un demi-cercle. Aujourd'hui, une des parcelles est occupée par le "Jardin des lianes", l'autre par 2 étangs.
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L’école florale ou jardin floral

L’école florale voit le jour en 1858. Elle permet de présenter à tous types de publics, les nouveautés florales, déjà commercialisées ou non, ainsi que les plantes disposées dans les massifs de la ville. Elle possède une partie « rosiers », des plates bandes séparées de vivaces, annuelles et bulbeuses mais aussi une collection de dahlias.

René Gérard qui prend la Direction du Jardin Botanique le 1er mars 1887 réorganise entièrement l’école florale, qui est alors en mauvais état. Elle présente chaque année 700 à 800 plantes ornementales. En 1888, l’école florale est transformée de manière à ce que les élèves des Beaux-arts puissent trouver des plantes intéressantes de mars à septembre.

L’école florale joue ainsi un rôle déterminant : les peintres des soieries lyonnaises viennent y trouver des idées d’ornementation pour les tissus, les horticulteurs exposent leurs nouvelles obtentions, les jardiniers du Parc et du Service Fleuriste municipal y exposent leurs résultats. En 1906, René Gérard dira « il n’est point d’année qu’il ne sorte de ses plates bandes, des plantes qui ne fassent pas sensation dans le monde horticole ».

La roseraie historique

Rosier 'Persian Yellow'

La collection de roses du Jardin Botanique est créée en 1858 à la périphérie du jardin plein air. Jusqu’en 1906 elle compte quelques 1200 variétés, parmi lesquelles certaines sont encore présentes dans le jardin aujourd’hui. C’est le cas de « Persian Yellow », dont le plant d’origine n’a jamais été changé…

Malgré l’apparition des hybrides de thés et l’engouement pour ces derniers, ce sont les hybrides remontants qui sont majoritairement représentés, avec 526 cultivars. Les rosiers galliques, dont on note déjà le recul, sont également bien présents (168 variétés). Viennent ensuite les roses thés avec environ 160 variétés. Tous les autres groupes forment le restant de la collection, avec une prédominance des rosiers grimpants.

A sa création, la vocation de cette collection est scientifique et pédagogique. Régulièrement mise à jour, elle permet aux horticulteurs de la région de se tenir au courant des nouvelles obtentions des rosiéristes. Elle a subit plusieurs réaménagements et se trouve actuellement à l’emplacement d’anciennes collections de vignes. En 1980 sous la direction de Paul Berthet elle est organisée en deux parties avec d’une part quelques 120 rosiers sauvages et d’autre part une roseraie historique offrant un riche panel de roses anciennes.

Le jardin mexicain

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Jardin mexicain (v. 1950)

En 1862 le jardin acquière d’importantes collections de « succulentes » appartenant à des horticulteurs lyonnais (M. Cels, M. Biferi, M. Boucharlat et M. Vangeert). Ces collections deviennent si importantes que l’on crée en 1888 un premier jardin de « plantes de désert » devant la grande serre, à la place actuelle de la statue de Bernard de Jussieu.

Ce n’est qu’en 1891, que René Gérard, Directeur du Jardin Botanique, fait une demande auprès du maire de Lyon pour la création et l’installation d’un jardin « de plantes de désert » à côté des petites serres.

Il sera rapidement baptisé « jardin mexicain » par le public qui découvre pour la première fois un jardin constitué de plantes exotiques et succulentes, présentées en extérieur de juin à septembre. Le directeur de l’époque se ravit de cette nouvelle présentation au sein du jardin fleuriste, qui est, selon lui, unique en Europe et en France et qui attirera le public en nombre ainsi que des étrangers.

L'arboretum

Un arboretum est un jardin, souvent paysager, planté d’une collection de végétaux ligneux divers (arbres, arbustes, conifères) d’origine exotique mais aussi indigène.

L’Arboretum est créé lors de l’implantation du Jardin Botanique au Parc de la Tête d’Or, en 1857. Aucune information de cette époque ne nous permet de dater précisément les premières plantations, mais il est vraisemblable que les sujets les plus âgés aient été installés peu après l’ouverture du Parc (1857-1862).

Il comporte aujourd’hui plus de 300 espèces, réparties sur 7 hectares, provenant de tous les continents (la partie sud, près des serres, étant consacrée aux conifères, et la partie nord, près du zoo, aux feuillus).

Les sujets proviennent d’origines diverses : échanges de graines ou de jeunes plants avec d’autres arboretums du monde entier, dons et échanges avec des collectionneurs, achats chez des pépiniéristes.

Il est relativement difficile de renouveler une telle collection sur une surface restreinte car les arbres âgés et bien installés concurrencent les plantations plus récentes en limitant leur accès à la lumière et à l’eau.

Il est facile de distinguer les arbres du Jardin Botanique des autres arbres du Parc car ils sont étiquetés comme toutes les plantes du jardin. Cet étiquetage fait mention du nom de famille, de genre d’espèce, voir du nom vernaculaire, et de la répartition de celui-ci à l’état naturel. L’étiquetage de l’arboretum en vue d’informer le public a été mis en place à partir de 1883. A l’époque, ce travail est confié à des entreprises artisanales locales qui gravaient les étiquettes manuellement sur des plaques de taule en zinc.

 

loupe

Permanence et évolution, ..., dans ces pages, vous retrouvez des explications sur certains jardins, aussi bien des jardins disparus, sur deux arbres remarquables, mais aussi sur l'usage d'une plante en vogue par le peintre Monet.

Dernière modification : 19/12/2008 13:54