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Ptérydophytes et pédagogie

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Ptéridophytes et pédagogie

Voilà près de quarante ans que l’Université Claude Bernard Lyon 1 s’est installée sur le site de la Doua, voisin du Parc de la Tête d’Or. Depuis lors, les relations entre le Jardin botanique de la Ville de Lyon et les enseignants chercheurs de botanique, biologie et physiologie végétale, phytopathologie et écologie, n’ont cessé de se développer. Les étudiants disposent ainsi, aux portes de leur Université, d’un lieu privilégié pour l’étude des espèces végétales aussi bien locales qu’exotiques.

BANDEAU_Pteridophyte et pédagogie
ILLUSTRATION_Pteridophyte et pédagogie
Pin de Wollemie - Wollemia nobilis 

Le Jardin botanique et ses serres sont un « espace de biodiversité végétale » d’une importance capitale pour la réalisation de travaux pratiques de biologie végétale sur matériel frais. En effet, les enseignements se déroulant semestriellement de septembre à janvier puis de février à juin, la période hivernale est peu propice à l’enseignement de la botanique. Et c’est grâce aux cultures sous serres du Jardin botanique que nous pouvons étendre notre période d’enseignement et bénéficier d’échantillons frais de qualité. Tout au long de l’année, nous sollicitons donc le Jardin botanique pour nous fournir des Ptéridophytes (Psilophytinées, Equisétinées, Lycopodinées et Filicinées représentants près de 60 espèces réparties dans plus de 10 familles différentes) pour les travaux pratiques de deuxième, troisième et cinquième années des parcours de « Biologie des organismes » et des futurs enseignants de « SVT Sciences Vie Terre » de collèges et de Lycées.
De même, nos étudiants de troisième et cinquième années, ont la chance de pouvoir étudier les sept plus grandes familles de gymnospermes (Taxacées et Céphalotaxacées (Taxales) ; Pinacées, Cupressacées, Taxodiacées, Araucariacées et Podocarpacées (Pinales)) sous la forme de plus de 50 espèces locales ou exotiques dont les fameux Agathis et Wollemia.
Les angiospermes, ou plantes à fleurs, sont aussi à l’honneur au cours des dissections florales réalisées par les étudiants de licence (les trois années). Ponctuellement, nous faisons également appel au Jardin botanique pour des travaux pratiques très spécialisés de quatrième ou cinquième année (masters 1 et 2) sur le parasitisme, la symbiose, les adaptations et l’écologie végétale.

Mais les bénéfices que tirent les étudiants de la proximité du Parc de la Tête d’Ôr ne s’arrêtent pas là. Depuis une quinzaine d’année, des visites du Jardin botanique, des serres et de l’Arboretum sont organisées plusieurs fois par an dans le cadre de la formation initiale des étudiants. Les visites des serres sont réalisées pour étudier les angiospermes, les gymnospermes et les ptéridophytes sous l‘angle de la morphologie (variabilité des racines, des tiges et des feuilles… en première année) et sous l’angle de la reproduction (différents modes et organes reproducteurs, fleurs, cônes, sporanges,… en seconde année). Des sorties arboretum des gymnospermes (3-4-5ème année), Ptéridophytes du Jardin botanique et des serres (3-5ème année), et adaptations des plantes hydrophytes, xérophytes, … (serre de Madagascar pour les Cactacées et les Euphorbiacées xériques ; serres à Widdringtonia et zones humides du Jardin botanique pour les hydrophytes, serre aux plantes carnivores et petites serres froides pour les adaptations particulières) représentent un investissement important tant pour les étudiants que pour les enseignants.
Ce type de pédagogie se révèle très efficace et profitable pour les futurs enseignants et les futurs techniciens et ingénieurs des métiers de l’environnement ainsi que pour les étudiants désirant continuer leurs études en recherche fondamentale ou appliquée dans les domaines de la biologie végétale.

Un troisième volet peut être abordé. Les formations professionnelles de l’Université, Licences et Masters Professionnels ont également l’opportunité de pouvoir envoyer, sous convention, certains de leurs étudiants en stages courtes ou longues durées au Jardin botanique de la Ville de Lyon. Cela permet à nos étudiants de se « frotter » à la vie réelle, au fonctionnement d’un service, à la vie et au travail en collectivité et à se forger une expérience professionnelle dans les métiers de l’horticulture, de la conservation botanique, de la gestion de collections par exemples. Ces expériences professionnelles enrichissantes sont nécessaires et valorisantes pour tous nos étudiants futurs chercheurs d’emplois.

Enfin, il nous paraît tout à fait normal de participer à notre tour à la formation des personnels du Jardin botanique dans la mesure de nos compétences et nous sommes heureux de pouvoir apporter nos connaissances sur des thèmes particuliers (génétique des plantes, évolution végétales et adaptations, …) dans le cadre de séminaires ou conférences.

Ainsi donc, il existe depuis toujours une réelle envie de collaborations et d’échanges entre l’Université Claude Bernard Lyon 1 et le Jardin botanique de la Ville de Lyon. Cette envie qui s’est concrétisée depuis trois décennies déjà, ne s’épuise pas et, bien au contraire, continue à se développer et à s’étoffer de nouveaux modes de collaboration. La preuve en est la participation à des manifestations et des animations culturelles par le biais d’expositions réalisées par le Parc de la Tête d’Or en collaboration avec l’Université, ou l’accueil de stagiaires Universitaires au sein des équipes du Jardin botanique.
Le Jardin botanique de la Ville de Lyon apparaît donc comme un acteur primordial et incontournable dans la bonne réalisation d’enseignements de qualité de la biologie végétale au sens large de l’Université Lyon 1. Pour conclure sur une note moderne et d’actualité, nous souhaitons et encourageons un « développement durable » de cette fructueuse collaboration et qu’elle enrichisse botaniquement tous ces acteurs.


Auteur : Frédéric Thévenard, professeur à l'Université Claude Bernard Lyon 1