Logo pour impression Evolution de l’étiquetage à travers le temps et perspectives

Evolution de l’étiquetage à travers le temps et perspectives

bandeau article du moment

Evolution de l’étiquetage à travers le temps et perspectives

BANDEAU _ étiquette
ILLUSTRATION - panneau

Cachées au fond de l’ancienne graineterie, nous avons découvert accrochées sur un grand tableau de bois une série d’étiquettes du Jardin botanique intitulée « Reconstitution des collections botaniques. Etudes pour l’étiquetage ».

A quoi correspond-t-elle exactement ? Notre ex directeur, le professeur Paul Berthet a pu nous éclairer à ce sujet. Il s’agit là d’étiquettes utilisées au cours des années uniquement au Jardin botanique de la Ville de Lyon. Il la découvrit en 1964 et a pris soin de la compléter durant sa carrière au fur et à mesure des choix pour de nouveaux modèles.

La cinquantaine d’étiquettes sur leur support reflète l’évolution de l’étiquetage au fil du temps, accompagnant les représentants végétaux de nos collections. Nous ignorons nombre de détails sur l’origine ou leur date de création et connaissons peu de choses sur les techniques utilisées ou les hommes qui les ont réalisées.

On peut tout de même observer que sur des supports très différents, papier, bois, métal, plastique, colorisées ou non, émaillées ou encore placées sous verre les inscriptions sont calligraphiées maison ou manufacturées et automatisées, la vue du trait ne trompant pas sur la technique utilisée.

Les écritures manuscrites, comme l’usage de platine sur zinc, sans doute parmi celles utilisées sur les premières étiquettes pérennes, ont été abandonnées car dispendieuses en temps et en argent ; Il fallut par la suite se servir d’un pantographe nous dit le professeur P. Berthet afin d’uniformiser la typographie.

Sous forme de fichette à planter au sol ou fixée directement sur le végétal, l’étiquette pouvait être embellie de couleurs, d’émail, et illustrée de carte géographique.

Les renseignements inscrits ont eux aussi beaucoup changé avec les années : en français ou en latin, avec ou sans nom vernaculaire, présence ou non du nom d’auteur, puis apparition d’un numéro de traçabilité du sujet. 2016 est une année de réflexion autour de la somme d’informations utiles à faire apparaître au public. 

plaque
 
plaque
 

Conserver les informations sur les collections n'est pas exercice de hasard et exige une réflexion poussée en amont ainsi qu’une compréhension approfondie des travaux de l’institution. Nous avons également recueilli l’avis du public sur plusieurs modèles. Changer à terme 17 000 étiquettes ne s’improvise pas et nécessite une priorisation. Toutes les nouvelles étiquettes seront évidemment créées en se basant sur le nouveau format et pour les anciennes, nous procéderons secteur par secteur. Les informations standard de base d’une plante sur une étiquette permanente devront inclure (désormais en lettres minuscules) :

  • le nom de famille (en latin)
  • le nom scientifique accepté (désormais sans nom d’auteur et centré)
  • le nom commun
  • la distribution géographique
  • le numéro d’accession (matériel végétal (individu ou groupe) d’un seul taxon ou propagules avec une parenté identique ou étroitement semblable acquis d'une même source et en même temps. Pour garder une traçabilité, une accession est cataloguée et un identifiant unique (nombre ou code) lui est assigné, associé aux informations supplémentaires)

Ces choix s’expliquent par la nécessité d’améliorer la lisibilité et la clarté du message sur chaque étiquette mais aussi de rendre accessible au plus grand nombre la botanique, par la présence des noms communs notamment. La compréhension des plantes et de leurs milieux est enfin améliorée par une pédagogie renforcée (panneaux, bornes audio…).

 

Et l’avenir ?

En plus des informations standards citées ci-dessus, les jardins botaniques ajoutent de plus en plus des systèmes de suivi actif i.e. des codes, à leurs étiquettes, tels que des codes-barres et des QR (Quick Response) code. Le but est d’augmenter et de faciliter leurs processus de documentation en l’automatisant. Déjà largement utilisés dans les herbiers (c’est le cas chez nous), ces codes sont liés à la base de données de l'institution et ils permettent une collecte rapide, précise et directe d’informations d’inventaire et d'autres types de données de terrain. Ils peuvent être lus facilement avec des scanners, tablettes… connectés à la base de données. Les erreurs dues à une transcription manuelle lors des inventaires sont réduites avec ces nouvelles technologies. Enfin, d’un point de vue pédagogique, des informations additionnelles sur les plantes peuvent être téléchargées et consulter directement par le visiteur (historique, culture, parcours audio…). Ces technologies évoluent rapidement et révolutionnent notre façon de penser la présentation des informations aux visiteurs.

 

 

Dernière modification : 11/09/2018 15:58