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Le liseron en boîte, premières constatations et perspectives

installation boite liseron
Installation d'une boite opaque sur le plan de liseron 

Suite à l’article sur le désherbage dans Sauvages et Cultivées n°5, nous avions évoqué un moyen de lutte particulier contre le liseron des champs (Convolvulus arvensis) avec des boîtes et canettes.

Rappel sur la méthode :

Le liseron est une plante volubile qui affectionne les jardins ; elle s’avère envahissante et difficile à contrôler. La méthode de lutte consiste à apposer une boîte opaque (boîte de conserve, canette) sur les tiges de la plante. De ce fait, cette dernière continue sa croissance dans le contenant en absence de lumière et donc de photosynthèse. Elle va alors épuiser ses réserves et mourir. Pour rappel, ce test s’inscrit dans le cadre du management environnemental, en place depuis 2005 à la Direction des Espaces verts de la ville de Lyon, et de la certification ISO 14001 qui en découle.

Dans un premier temps, cette méthode a été testée sur un massif modérément envahi du Jardin alpin.

Un été sans lumière

Un an après avoir apposé la première boîte, établissons un bilan. Tout d’abord, notons qu’une trentaine de boîtes a été installée au printemps 2013. A l’été 2014, les résultats semblent positifs puisque seules 4 boîtes contenaient un individu encore vivant dessous. Nous pouvons donc émettre l’hypothèse que pour une éradication complète, sur un massif raisonnablement infesté, il faut compter 2 ans minimum.

Ensuite, pour être le plus efficace possible, il ne faut oublier aucune pousse. De plus, il faut éviter de sectionner les rhizomes lors de l’installation de la boîte et ne pas les mettre à nu. En effet, ceci aurait pour effet de stimuler de nouvelles zones méristématiques.

Vue générale d'une zone traitée au Jardin alpin
Vue générale d'une zone traitée au Jardin alpin 

La méthode, pour être vraiment efficace, nécessite de maintenir les conditions du milieu (voire de les rendre plus favorable), tout en éliminant le facteur lumière. En périodes sèches, par exemple, le liseron ralentit sa croissance et est moins impacté par le manque de lumière. Il met alors moins d’énergie à croître et s’épuise plus lentement.

Enfin, nous pouvons aisément imaginer que plus le liseron sera vigoureux au début, plus il faudra de temps pour s’en débarrasser.

Limites et perspectives

Une des limites de la méthode est la quantité de boîtes et de canettes disponibles ! Du fait que nous n’en avons pas eu à disposition suffisamment en une fois, elles ont été installées au fil du temps. Pour progresser de manière logique, une disposition centripète à été adoptée : les boîtes ont été installées progressivement de la périphérie du massif à son centre.

De plus, il faut contrôler régulièrement le dispositif pour remettre les canettes qui auraient bougé ou été mal installées. Il faut aussi surveiller l’émergence de nouvelles pousses, par exemple où un rhizome aurait été endommagé.

Sur un massif très atteint, la méthode est contraignante, du fait que les boîtes seraient trop nombreuses et contigües. Une autre méthode parfois utilisée consiste à disposer une bâche noire et étanche sur une zone infestée par la plante, ceci dans l’objectif de l’éradiquer. Or, cette méthode est peu efficace justement du fait que le milieu est asséché et que le liseron est alors juste ralenti dans sa croissance. Pour être efficace, il faudrait utiliser une bâche opaque mais pas étanche pour garder la plante en croissance mais, encore une fois, en absence de lumière. Ceci est une hypothèse que nous essayerons de vérifier et de mettre à l’essai. En effet, nous testerons cela sur un massif très infesté et observerons les résultats, probants ou non, dans quelques saisons.


Auteur : Thibault Duret - Jardinier botaniste

 

 

Dernière modification : 06/08/2015 10:40