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Roseraie


LA ROSE A LYON
En 1867, à Lyon, Jean Baptiste Guillot crée "la France", premier hybride de Thé. Il y a presque cent ans, à Vénissieux, Joseph Pernet Ducher obtient "Soleil d'or", la première rose jaune moderne. A cette époque Lyon est un centre de création de roses de renommée véritablement internationale. Avec un tel passé, Lyon ne pouvait faire autrement que d'offrir aux Lyonnais et aux visiteurs du Parc de la Tête d'Or, trois roseraies.
La plus grande est une roseraie paysagère, regroupant un grand nombre de variétés modernes. Elle est située près de la Cité Internationale.
La roseraie de concours, la plus ancienne, présente les nouveautés qui participeront au concours annuel de "la plus belle rose de France". Elle se trouve près de la maison des gardes.

Enfin, la plus récente est la roseraie historique, dépendant du Jardin Botanique. Réalisée en 1980, elle groupe environ 360 variétés sur 1600 m². Elle comprend deux parties bien distinctes : l'une est consacrée aux roses horticoles, et constitue véritablement la partie historique de cette collection; l'autre est consacrée aux roses sauvages provenant de tout l'hémisphère Nord.

LES ROSIERS DU JARDIN BOTANIQUE
Ils sont présentés par sections botaniques (sauvages) ou groupes biologiques (variétés horticoles). Dans chacun de ces groupes, les variétés sont disposées par ordre chronologique d'édition


Rosa canina
L.
 
1. Rosiers sauvages
Cette appellation désigne les rosiers naturels. Seules 150 à 200 espèces sur le nombre d'espèces autrefois décrites pour le genre Rosa sont aujourd'hui reconnues. Ce sont des arbustes de l'hémisphère Nord tempéré et des montagnes de régions intertropicales. On en compte 47 en Europe dont 27 en France (l'églantier Rosa canina étant le plus répandu). Les fruits ou cynorhodons, présentent en automne une grande diversité de formes et de teintes.

Rosa x aveyronensis
Coste
 
2. Rosiers botaniques
On appelle ainsi des variétés cultivées souvent de longue date et assez proches des espèces sauvages. Ce sont des rosiers issus d'un nombre réduit d'hybridations et qui ont conservé les caractères essentiels d'un de leurs parents, d'où leur classification.

Rosa 'Gabriel Noyelle'
(obtenteur : Buatois 1933)
 
3. Rosiers "cent-feuilles" = Rosa centifolia
De l'antiquité Gréco-Romaine nous sont venues les formes considérées comme parfaites de la rose de Provins nommées roses cent-feuilles du fait de leurs très nombreux pétales. Chez certains de ces rosiers le pédoncule de la fleur et les sépales sont recouverts de longs poils verts ou bruns odorants. Ces rosiers ont été appelés cent-feuilles moussus

Rosa
'Tuscany Superb'
 
4. Rosiers de Provins = Galliques
le rosier de France (Rosa gallica) est à l'origine de la presque totalité des espèces cultivées en Occident jusqu'au début du XIX ème siècle. Sa forme pleine (dont les pétales forment une masse compacte où les étamines semblent absentes), la rose de Provence, puis par altération la rose de Provins, est à l'origine de plusieurs variétés et d'un grand nombre de cultivars. Les Provins dont les variétés sont très proches les unes des autres, ce sont des formes vigoureuses et drageonnantes. Leur floraison est abondante mais limitée dans le temps (mai-juin)

Rosa
'Comte de Chambord'
 
5. Rosiers Portland
Certaines variétés de la rose de France (Rosa gallica), dite de Provins, avaient tendance à refleurir en automne. Cette propriété les faisait fort apprécier à une époque où on ne connaissait pas les rosiers remontants (qui fleurissent plusieurs fois dans la même saison). Ces variétés, particulièrement collectionnées par Lady Portland, forment l'espèce Portland ou Portlandica.

Rosa
'Bloomfield abundance'
 
6. Rosiers Bengale
Introduits avec les thés en Angleterre, les rosiers du Bengale sont des plantes buissonnantes originaires de Chine, vigoureuses et parfois sarmenteuses. Ils sont très remontants; les fleurs moyennes, presque inodores, sont réunies par 3 ou 5 ou sont solitaires.

Rosa 'Flammentauz'
(obtenteur : Kordes 1955)
 
7. Rosiers Thé
Le rosier à odeur de thé, cultivé en Chine, a été introduit en Europe à la fin du XVIIIème siècle. Son arrivée a marqué de façon décisive l'évolution des rosiers cultivés. Le rosier Thé (remontant) donne des floraisons successives pendant la période de végétation. Cette qualité, pratiquement absente chez les rosiers d'Europe, à été fort appréciée au siècle dernier. Le rosier Thé a également apporté la subtilité des parfums qui font le charme des roses anciennes. Ces qualités ont fait le succès des rosiers Thé, malgré leur réputation de piètre résistance au gel.

Rosa
'Rêve d'Or'
 
8. Rosiers Noisette
Les rosiers Noisette semblent être le résultat de l'hybridation du rosier musqué (Rosa moschata) avec le rosier Thé. Les rosiers Noisette sont ainsi nommés car ils furent trouvés par Philippe Noisette aux USA vers 1814 et envoyés à Paris à son frère Louis qui les commercialisa. Beaucoup de rosiers noisette sont sarmenteux et, sous cette forme, encore cultivés.

Rosa 'Marie Drivon'
(obtenteur : Schwartz 1887)
 
9. Rosiers Bourbon
Les rosiers de l'île Bourbon (île de la Réunion) ont été introduits en Europe sous la forme de graines en 1819. Ces rosiers vigoureux résultent de l'hybridation des rosiers de Damas, avec le rosier du Bengale. Délaissés parce que non remontants, leur croisement avec les rosiers Thé ont ensuite donné des hybrides appréciés.

Rosa foetida
'Persian Yellow'
 
10. Rosiers Pernatiana
En 1900, Pernet-Ducher, rosiériste lyonnais, présente "Soleil d'or"" rosier obtenu du croisement d'un rosier Thé avec Persian Yellow, une variété alors cultivée au Jardin Botanique du rosier à fleur jaunes Rosa foetida. Ce pied de Persian Yellow existe toujours dans la roseraie. Une nouvelle variété était née, à laquelle on a donné le nom de son créateur. C'est une étape importante de l'histoire des roses.

Rosa
'Soleil d'Or'
 
En effet, on trouve chez ces roses les caractère des hybrides de Thé, alliés au jaune brillant des pétales et à leur caractère bicolore (revers rouge ou rose). Les rosiers Pernetiana, souvent croisés avec les hybrides de Thé sont à l'origine de nombreuses variétés modernes.

Rosa
'Elisa Boelle'
 
11. Hybrides remontants
A partir du milieu du XIX ème siècle, on a multiplié les croisements entre les rosiers Thé et les rosiers de Provins. Les rosiers obtenus conservaient le caractère remontant des rosiers Thé, d'où leur appellation d'hybrides remontants. Ils présentaient une bonne résistance au froid et la vigueur des Provins. Ces qualités ont fait et font encore leur succès, bien que leurs fleurs ne soient, le plus souvent, que peu parfumées.

Rosa
'May Queen' (obtenteur : Mauda 1898)
 
12. Rosiers Wichuraiana
Rosiers originaire de Formose, à rameaux sarmenteux, grêles, atteignant parfois 8 m. D'abord introduits aux Etats-Unis, ils furent croisés avec Rosa multiflora et des hybrides de Thé pour donner les hybrides de Wichuraiana. Les fleurs sont petites ou moyennes, extrêmement abondantes, réunies en bouquets pyramidaux qui apparaissent de fin mai à mi-juillet selon les variétés. Les fruits qui leur succèdent sont également très décoratifs.

Rosa
'La France'
 
13. Hybrides de Thé
Des croisements répétés des hybrides de remontants avec les rosiers Thé sont nées les roses modernes de la variété des hybrides de Thé. Ces variétés de rosiers à grosses fleurs se comptent par milliers et on touve parmi elles, tant en buissons qu'en grimpants, les roses modernes les plus célèbres. Leur floraison est abondante en juin et se renouvelle jusqu'en automne. "La France", variété obtenue en 1867 par Guillot fils, rosiériste lyonnais, passe pour être le plus ancien hybride de Thé.
Dernière modification : 12/06/2006 12:13